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Médiation sociale et culturelle :
bientôt 30 ans de terrain
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Depuis les années 80, la médiation sociale et culturelle a investi le champ du social en même temps que le foisonnement des associations de quartiers, portées par des femmes, notamment des femmes immigrées.
Retour sur son histoire
Dès 1974, l'immigration tournante de main-d'oeuvre d'hommes seuls venus notamment du Sub-Sahara s'est arrêtée. La loi autorise, désormais, les femmes et les enfants à venir rejoindre leur mari et père, dans le cadre du regroupement familial. Ces primo-arrivants, pour la plupart analphabètes, accoutumés à un mode de vie traditionnel, se sont retrouvés en milieu urbain, plongés dans le modernisme alors qu'ils venaient des villages... Cette situation nouvelle, bien que confortable à bien des égards, a bouleversé les habitudes. Les femmes se sont senties perdues, désorientées. Leur désarroi était d'autant plus grand que leurs habitudes de vie communautaire, en famille élargie, avaient laissé place au modèle de vie familiale restreinte...
C'est dans ce contexte que l'efficacité des médiatrices s'est affirmée sur ces différents points de rupture. Appelées "femmes relais" à leur début, elles ont été "utilisées" par des chefs de projets, comme courroies de transmission d'informations auprès des populations de leur origine. Il s'agissait donc à l'époque, d'une fonction très ethnicisée.
Progressivement, la médiation a élargi son champ d'action et s'est adressée à l'ensemble des personnes éprouvant des difficultés à bénéficier de leurs droits. En effet, la dernière décennie a vu la marginalisation massive d'exclus, conséquence du chômage, de la précarisation et de la dislocation des liens sociaux et familiaux. La médiation s'est alors inscrite dans un travail pluridisciplinaire, en palliant des lacunes diverses. Elle n'est pas figée, ni dans sa fonction, ni dans sa pratique, elle évolue en fonction du contexte social et culturel.
FIA-ISM et la médiation sociale et culturelle
Dès 1990, FIA-ISM s'est penchée sur la médiation, en commanditant une première étude menée par N. FERRIE et S. RADI, à Marseille : "Les médiatrices : une communication de proximité, fonction et statut". L'objectif était de mieux appréhender la fonction, les missions, de suggérer un statut et une organisation de la "profession".
En 1992, une enquête de terrain et d'observation autour des missions des "femmes relais" a abouti à l'élaboration de contenus de formation, définit par un comité de pilotage composé de formateurs, de sociologues, de responsables associatifs et de professionnel du social. Formation à la médiation sociale et culturelle
En 1993, le "Collectif pour la médiation sociale et culturelle" a été créé au sein de FIA-ISM, pour réflechir sur cette fonction et la faire évoluer. Ce Collectif, composé de médiatrices formées et de responsables d'associations, a largement contribué à la structuration de cette activité dans des réseaux associatifs et au dialogue avec les Institutions. Le Collectif s'est ouvert aux institutions telles que le FAS, les Droits des Femmes et la DPM, avec lesquelles il a réalisé un certain nombre de travaux pour poser un cadre aux actions de médiation.
En 1995, une "Charte de la médiation sociale et culturelle" a été élaborée, s'inspirant du "Code de déontologie" de Jean-François SIX, qui a soutenu activement FIA-ISM et le Collectif. Cette charte, qui posait l'éthique sur laquelle les actions de médiation doivent s'appuyer, a été diffusée et utilisée par de nombreuses associations et partenaires. Elle a, d'ailleurs, servi de modèle à bien d'autres chartes qui ont vu le jour par la suite... Par ailleurs, le Collectif a jugé qu'il était nécessaire d'expliquer, grâce à des exemples concrets, les principes essentiels qui régissent la pratique de la médiation sociale et culturelle.
Ceux-ci sont soulignés, en 1996, dans le "Guide de la médiation sociale et culturelle" destiné aux médiatrices et médiateurs eux-mêmes, afin qu'ils disposent au quotidien d'un outil de travail ancré dans la réalité.
La Charte de la Médiation Sociale et Culturelle
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